Repérage amiante avant travaux au Luxembourg : certification obligatoire des opérateurs dès novembre 2026
La réglementation relative à l’amiante au Luxembourg évolue de manière importante. Dans une communication publiée le 13 août 2026, l’Inspection du travail et des mines (ITM) rappelle les nouvelles obligations issues du règlement grand-ducal du 19 mai 2026. Deux mesures concernent particulièrement les entreprises du bâtiment, les professionnels du désamiantage et les opérateurs chargés du repérage : l’instauration d’un permis obligatoire délivré par l’ITM pour les entreprises réalisant certains travaux de démolition ou de désamiantage, et la mise en place d’un certificat de compétence obligatoire pour les opérateurs de matériaux contenant de l’amiante.
Le 18 août 2026
Amiante au Luxembourg : permis ITM obligatoire pour le désamiantage et certification des repéreurs
Temps de lecture estimé : 6 minutes — Catégorie : Réglementation
La réglementation relative à l’amiante au Luxembourg évolue de manière importante. Dans une communication publiée le 13 août 2026, l’Inspection du travail et des mines (ITM) rappelle les nouvelles obligations issues du règlement grand-ducal du 19 mai 2026, qui modifie le règlement du 15 juillet 1988 concernant la protection des salariés contre les risques liés à une exposition à l’amiante pendant le travail.
Deux mesures concernent particulièrement les entreprises du bâtiment, les professionnels du désamiantage et les opérateurs chargés du repérage : l’instauration d’un permis obligatoire délivré par l’ITM pour les entreprises réalisant certains travaux de démolition ou de désamiantage, et la mise en place d’un certificat de compétence obligatoire pour les opérateurs de matériaux contenant de l’amiante.
Ces deux obligations entreront pleinement en application à des dates différentes : le 1er novembre 2026 pour les repéreurs certifiés et le 1er mai 2027 pour le permis des entreprises de désamiantage et de démolition.
Un permis de l'Inspection du Travail (ITM) obligatoire pour les entreprises de désamiantage et de démolition
Le premier changement majeur concerne les entreprises qui souhaitent effectuer des travaux de démolition ou de désamiantage. Le nouveau dispositif prévoit qu’elles devront disposer, avant le début des travaux concernés, d’un permis délivré par l’Inspection du travail et des mines.
L’objectif est de permettre à l’administration de vérifier que l’entreprise possède les compétences, l’organisation, les équipements et le personnel qualifié nécessaires pour intervenir dans des conditions compatibles avec les exigences de sécurité et de santé relatives au risque amiante.
Cette obligation ne concerne pas uniquement les entreprises dont l’activité principale est le désamiantage. L’ITM précise qu’elle peut également viser les entreprises de démolition, de couverture et de toiture susceptibles d’intervenir sur des matériaux contenant de l’amiante à l’occasion d’opérations de rénovation, de transformation, d’entretien ou de démolition.
Quelles conditions pour obtenir le permis amiante de l’ITM ?
La délivrance du permis repose sur la capacité de l’entreprise à démontrer qu’elle maîtrise effectivement le risque d’exposition à l’amiante.
Selon l’ITM, le dossier doit notamment apporter des éléments relatifs aux procédures de travail, à la maintenance des équipements, à l’entretien des équipements de protection individuelle (EPI), à la formation des salariés ainsi qu’à leur suivi médical.
Le guide publié par l’ITM pour accompagner les demandes va plus loin dans la description des informations attendues. Il prévoit notamment la présentation de l’évaluation des risques, des équipements de protection utilisés, des procédures de décontamination, des modalités de gestion et d’évacuation des déchets ainsi que des méthodes mises en œuvre pour limiter l’émission et la dispersion des fibres d’amiante.
L’ITM distingue également plusieurs catégories d’intervention. Le dossier peut concerner le démontage non destructif de plaques en amiante-ciment à l’air libre, notamment sur les toitures ou bardages, d’autres opérations de désamiantage ou l’ensemble des travaux relevant de ces catégories. Des demandes limitées à certains travaux spécifiques sont également prévues.
L’ITM publiera par ailleurs sur son site la liste des entreprises ayant obtenu un permis, ce qui renforcera la visibilité des opérateurs autorisés à intervenir dans le domaine du désamiantage.
Une période transitoire jusqu’au 1er mai 2027
Les entreprises disposent d’une période transitoire afin de préparer leur mise en conformité. L’obligation de disposer du permis ITM s’appliquera à partir du 1er mai 2027. À compter de cette date, les travaux concernés par le dispositif ne pourront plus être effectués par une entreprise ne disposant pas d’un permis valable.
L’ITM recommande expressément aux entreprises d’anticiper leurs démarches, notamment en vérifiant dès maintenant la conformité de leurs procédures internes, les qualifications du personnel, le suivi des formations et la disponibilité des justificatifs nécessaires à la constitution du dossier.
Pour les entreprises concernées, l’échéance du 1er mai 2027 doit donc être considérée comme une véritable date butoir opérationnelle : attendre les dernières semaines pour constituer le dossier pourrait compromettre la continuité des activités si le permis n’est pas obtenu à temps.
Repérage amiante avant travaux : un opérateur certifié devient obligatoire
La deuxième évolution majeure concerne le repérage des matériaux contenant de l’amiante avant travaux.
Avant des travaux de démolition, de maintenance ou de rénovation dans des locaux construits avant le 3 avril 2001, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour identifier les matériaux présumés contenir de l’amiante. Les informations disponibles auprès du propriétaire, d’autres employeurs ou dans les registres pertinents doivent notamment être recherchées.
Lorsque ces informations sont inexistantes ou insuffisantes, un repérage de la présence de matériaux contenant de l’amiante doit être réalisé avant le commencement des travaux. Et ce repérage ne pourra désormais être effectué que par un professionnel disposant du certificat de compétence prévu par la réglementation luxembourgeoise.
Cette obligation renforce considérablement le rôle du repérage amiante avant travaux dans la prévention du risque. L’objectif est d’identifier les matériaux concernés avant toute intervention susceptible de les dégrader et de provoquer une libération de fibres.
Une formation de 12 heures pour obtenir le certificat d'opérateur amiante
Pour obtenir son certificat de compétence, le repéreur doit suivre une formation spécifique de 12 heures consacrée au repérage des matériaux contenant de l’amiante auprès d’un formateur ou d’un organisme habilité selon les dispositions prévues par le Code du travail luxembourgeois.
Le candidat doit ensuite réussir un contrôle des connaissances, réalisé par le formateur avec la participation d’un représentant de l’ITM. Le certificat délivré doit notamment mentionner la date, la durée et le contenu de la formation, la langue utilisée ainsi que l’identité et les qualifications du formateur ou de l’organisme concerné.
Le repéreur devra également être en mesure de présenter une copie de son certificat de compétence sur le lieu de travail.
Opérateur amiante : obligation effective dès le 1er novembre 2026
Le calendrier est ici nettement plus rapproché que celui du permis des entreprises. Après une période transitoire de six mois, le recours à un opérateur disposant du certificat de compétence deviendra obligatoire à partir du 1er novembre 2026 pour les repérages concernés par le règlement.
Les professionnels qui réalisent actuellement des missions de repérage au Luxembourg ont donc intérêt à engager rapidement leur parcours de formation et de certification afin de pouvoir poursuivre leurs activités après cette échéance.
De leur côté, les maîtres d’ouvrage, employeurs et entreprises intervenant dans des bâtiments antérieurs au 3 avril 2001 devront intégrer ce nouveau critère dans la sélection de leurs prestataires et vérifier la qualification du repéreur avant le lancement des travaux.
Une réglementation luxembourgeoise de l’amiante nettement renforcée
Ces mesures s’inscrivent dans une évolution plus globale de la protection des salariés exposés à l’amiante. Le règlement grand-ducal du 19 mai 2026 participe à la mise en œuvre au Luxembourg des nouvelles exigences européennes issues de la directive (UE) 2023/2668 du 22 novembre 2023, qui a renforcé le cadre applicable à l’exposition professionnelle à l’amiante.
Au-delà du permis et de la certification des repéreurs, la réforme renforce notamment les principes de prévention, l’identification précoce du risque, la formation des professionnels, la traçabilité des expositions et les exigences relatives à la maîtrise des poussières et à la gestion des déchets amiantés.
Pour les professionnels du bâtiment et de l’amiante, l’enjeu est donc double : anticiper les nouvelles obligations administratives tout en faisant évoluer les procédures techniques et organisationnelles internes.
Deux échéances doivent dès maintenant apparaître dans les calendriers de mise en conformité : 1er novembre 2026 pour la certification des opérateurs et 1er mai 2027 pour le permis ITM des entreprises concernées par les travaux de démolition ou de désamiantage.
Sources
Inspection du travail et des mines (ITM) – « Amiante – Nouvelles dispositions réglementaires », publication du 13 août 2026, dernière mise à jour le 14 août 2026.
Inspection du travail et des mines (ITM) – Guide « Demande de permis – Introduction / Explications », consulté en août 2026.
Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg / Legilux – Règlement grand-ducal du 19 mai 2026 portant modification du règlement grand-ducal modifié du 15 juillet 1988 concernant la protection des salariés contre les risques liés à une exposition à l’amiante pendant le travail, publication du 20 mai 2026.
EUR-Lex – Directive (UE) 2023/2668 du Parlement européen et du Conseil du 22 novembre 2023, publiée au Journal officiel de l’Union européenne le 30 novembre 2023.
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