Risque amiante avant travaux : l’Italie renforce l’identification des matériaux amiantés

L’Italie a transposé la directive européenne 2023/2668 relative à l’amiante ce 1er semestre 2026. Cette transposition marque une évolution importante du cadre italien : elle abaisse la valeur limite d’exposition professionnelle, renforce la formation des travailleurs, impose une meilleure traçabilité sanitaire et élargit les obligations de prévention à de nombreuses activités pouvant exposer les travailleurs à des matériaux contenant de l’amiante.

Le 16 juillet 2026

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Italie : la transposition de la directive européenne amiante renforce le repérage avant travaux et les obligations des entreprises

Temps de lecture estimé : 5 minutes — Catégorie : Réglementation amiante Europe

L’Italie a transposé la directive européenne 2023/2668 relative à l’amiante ce 1er semestre 2026. 

Cette transposition marque une évolution importante du cadre italien : elle abaisse la valeur limite d’exposition professionnelle, renforce la formation des travailleurs, impose une meilleure traçabilité sanitaire et élargit les obligations de prévention à de nombreuses activités pouvant exposer les travailleurs à des matériaux contenant de l’amiante.

Un champ d’application élargi au-delà du désamiantage

Le nouveau dispositif italien ne concerne pas uniquement les chantiers de retrait d’amiante. Il vise toutes les activités professionnelles susceptibles d’exposer les travailleurs à des poussières provenant de l’amiante ou de matériaux contenant de l’amiante, notamment les travaux de maintenance, de rénovation, de démolition, la gestion des déchets, les activités d’extraction ou de creusement, ainsi que certaines interventions d’urgence ou de lutte contre l’incendie ("équivalent aux activités dites "sous-section 4 (SS4)" en France).

Cette évolution est directement liée à la logique de la directive européenne, qui considère que le risque ne se limite plus aux entreprises spécialisées dans le désamiantage. Le ministère du travail iltalien a rappellé que l’exposition actuelle à l’amiante résulte principalement des interventions sur des bâtiments, infrastructures, installations ou équipements construits avant les interdictions nationales d’usage de l’amiante.

Pour les entreprises du bâtiment, les exploitants, les maîtres d’ouvrage, les techniciens de sécurité et les opérateurs intervenant sur des ouvrages anciens, le message est clair : le risque amiante doit être intégré dès la préparation de l’intervention.

Une obligation renforcée de repérage amiante avant travaux

La transposition italienne introduit une exigence proche du repérage amiante avant travaux connu en France. Elle impose une démarche d’identification préalable des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante.

Avant toute opération de démolition, de maintenance ou de rénovation, l’employeur doit ainsi adopter les mesures nécessaires pour vérifier la présence de matériaux contenant de l’amiante. Pour les bâtiments construits avant l’entrée en vigueur de la loi italienne n° 257/1992, cette recherche doit notamment s’appuyer sur les informations disponibles auprès des propriétaires, des autres employeurs et des registres pertinents. Lorsque ces informations sont absentes ou insuffisantes, un opérateur de repérage amiante qualifié doit procéder à un examen avant le démarrage des travaux. 

Le ministère du travail italien souligne également que l’identification de la présence ou de la présence éventuelle d’amiante doit intervenir avant les projets de retrait, de démolition, de maintenance ou de rénovation dans les bâtiments, navires, aéronefs ou autres installations construits avant l’interdiction nationale de l’amiante.

Trois formes d’exposition reconnues

La directive européenne, reprise dans l’analyse italienne, distingue trois formes d’exposition à l’amiante : l’exposition active, liée à la manipulation directe de l’amiante ou des matériaux amiantés ; l’exposition passive, concernant les travailleurs présents à proximité d’une activité génératrice de fibres ou dans des locaux contenant des matériaux dégradés ; et l’exposition secondaire, liée au transport involontaire de fibres hors du lieu de travail, notamment par les vêtements ou les cheveux.

Cette approche élargit la prévention. Elle ne protège plus seulement l’opérateur intervenant directement sur l’amiante, mais aussi les travailleurs voisins, les personnels de maintenance, les intervenants d’urgence et, plus largement, toutes les personnes susceptibles d’être exposées indirectement.

La priorité donnée au retrait de l’amiante

Le nouveau cadre italien renforce l’obligation d’évaluation du risque amiante. Pour toute activité pouvant présenter un risque d’exposition, l’employeur doit déterminer la nature et le degré d’exposition des travailleurs et définir les mesures de prévention adaptées.

Lorsque cela est possible et pertinent pour la protection des travailleurs, le retrait de l’amiante, doit être privilégiée par rapport aux autres formes de maintenance ou de bonification. Cette orientation traduit une priorité donnée à l’élimination du risque à la source, plutôt qu’à sa simple gestion dans le temps.

Une notification plus complète à l’autorité de contrôle

Avant le démarrage de travaux de maintenance, rénovation, démolition, gestion de déchets, activités extractives ou travaux avec exposition potentielle à l’amiante, l’employeur doit transmettre une notification à l’organe de vigilance administrative compétent.

Cette notification doit notamment préciser l’emplacement du chantier, le type et les quantités d’amiante manipulés, les procédés utilisés, les mesures de protection et de décontamination, les modalités de gestion des déchets, le nombre de travailleurs concernés, les certificats individuels de formation, la date de la dernière visite médicale périodique, la durée prévue des travaux et la liste des équipements de protection à utiliser.

Pour les entreprises, cette exigence renforce la nécessité d’une préparation documentaire rigoureuse avant toute intervention susceptible d’impliquer des matériaux amiantés.

Une valeur limite d’exposition divisée par dix

L’un des points majeurs de la réforme concerne l’abaissement de la valeur limite d’exposition professionnelle à l’amiante. Le seuil passe de 100 fibre/litre à 10 fibre/litre, calculé en moyenne pondérée sur 8 heures. 

À partir du 21 décembre 2029, la directive impose des méthodes de mesure plus sensibles, fondées sur la microscopie électronique ou sur une méthode équivalente ou plus précise. Cette évolution permettra de mieux prendre en compte les fibres fines et ultrafines, qui ne sont pas toujours détectées avec les méthodes optiques traditionnelles.

Formation, équipements de protection et surveillance médicale

La transposition italienne renforce également les exigences de formation amiante. Les travailleurs exposés ou susceptibles d’être exposés doivent recevoir une formation adaptée à leurs tâches, aux procédés utilisés, aux risques sanitaires, aux mesures de prévention, à l’utilisation des appareils de protection respiratoire, à la décontamination et à la gestion des déchets.

Les travailleurs affectés à des opérations de démolition ou de retrait doivent aussi être formés à l’utilisation des équipements et techniques destinés à réduire l’émission et la dispersion des fibres d’amiante

La réforme renforce aussi la surveillance médicale et la traçabilité des travailleurs exposés. Les travailleurs exposés, y compris dans certaines situations d’exposition sporadique et de faible intensité, doivent faire l’objet d’un suivi renforcé et être inscrits dans le registre des exposés.

Des conséquences pratiques pour les entreprises

Pour les entreprises italiennes, cette transposition impose une anticipation beaucoup plus forte du risque amiante. Avant d’intervenir sur un bâtiment, une installation, une infrastructure ou un terrain susceptible de contenir de l’amiante, il devient indispensable de rechercher les informations disponibles, d’organiser un repérage amiante avant travaux, de mettre à jour l’évaluation des risques, de préparer les notifications nécessaires et de garantir la formation des travailleurs.

Pour les acteurs français suivant l’évolution européenne de la réglementation, cette transposition est également intéressante : elle confirme la montée en puissance, au niveau européen, d’une logique de repérage préalable, de réduction des expositions, de traçabilité et de recours à des méthodes analytiques plus performantes. 

Sources : Directive (UE) 2023/2668 du Parlement européen et du Conseil du 22 novembre 2023, publiée au JOUE le 30 novembre 2023 ; Decreto Legislativo 31 décembre 2025, n° 213, publié à la Gazzetta Ufficiale le 9 janvier 2026 ; BibLus, « Amianto: cosa cambia con la direttiva UE 2023/2668 », publié le 25 juin 2026 ; BibLus, « Valutazione del rischio amianto: misure di prevenzione e protezione », publié le 25 juin 2026 ; INAIL, La direttiva europea 2023/2668: la protezione dei lavoratori contro i rischi dall’esposizione all’amianto, édition 2026 ; INAIL, Esposizioni ad amianto: le nuove indicazioni della Direttiva Europea 2023/2668, édition 2025 ; INAIL, La Direttiva europea 2023/2668: contenuti e novità sulla tutela dei lavoratori esposti ad amianto, octobre 2025 . 

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2026 06 Amiante directive Italie

 

 

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