Chimiothérapie ou soins de support ? Cas pratiques sur le mésothéliome (amiante) en 2025
Le mésothéliome pleural malin (MPM) reste une pathologie rare, mais redoutable, dont le diagnostic et la prise en charge posent de nombreux défis. Une étude récente menée au centre hospitalier de Bar-le-Duc (Meuse) met en lumière quatre cas cliniques emblématiques, illustrant la complexité du parcours diagnostique et thérapeutique de cette maladie à forte composante professionnelle liée à l’exposition à l’amiante.
Le 30 décembre 2025
Diagnostic et prise en charge du mésothéliome pleural malin : retour sur 4 cas en France
Temps de lecture : 5 min – Catégorie : technique / clinique
Le mésothéliome pleural malin (MPM) reste une pathologie rare, mais redoutable, dont le diagnostic et la prise en charge posent de nombreux défis. Une étude récente menée au centre hospitalier de Bar-le-Duc (Meuse) met en lumière quatre cas cliniques emblématiques, illustrant la complexité du parcours diagnostique et thérapeutique de cette maladie à forte composante professionnelle liée à l’exposition à l’amiante.
Une maladie rare mais en progression
Le mésothéliome pleural malin est un cancer primitif de la plèvre essentiellement causé par l’inhalation de fibres d’amiante, avec une latence moyenne de 30 à 40 ans entre l’exposition et l’apparition des symptômes. Malgré les interdictions, l’amiante reste encore en usage dans certains pays. En France, les cas recensés restent rares mais constants, avec une prévalence masculine marquée (75 % des cas de cette étude), conséquence des expositions professionnelles historiquement masculines (fonderie, réparation navale, etc.).
Un diagnostic tardif et complexe
Le tableau clinique est non spécifique : essouflement, douleurs thoraciques et toux sèche dominent. Dans tous les cas présentés, le diagnostic n’a pu être posé qu’après une thoracoscopie avec prélèvements pleuraux profonds, suivie d’analyses révélant à chaque fois un mésothéliome de type "épithélioïde" – forme la plus fréquente et au pronostic légèrement plus "favorable".
L’ensemble des patients présentait un épanchement pleural exsudatife. L’imagerie thoracique (radiographie et scanner) a montré des épaississements pleuraux, des plaques et des adénopathies dans certains cas.
Deux profils de prise en charge
Parmi les quatre patients :
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Deux ont reçu un traitement actif par chimiothérapie de première ligne (association cisplatine/pemetrexed avec supplémentation vitaminique B9/B12), suivi parfois de traitements de seconde et troisième ligne (gemcitabine, bevacizumab). Ces traitements ont entraîné des toxicités hématologiques ayant nécessité des transfusions.
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Les deux autres, plus âgés (88 et 79 ans), ont bénéficié uniquement de soins de support palliatifs, en raison d’un état général altéré ou d'insuffisance rénale.
Survie et perspectives thérapeutiques
La survie médiane des patients ayant reçu une chimiothérapie a été de 17 mois, ce qui correspond aux données de la littérature médicale actuelle. Un patient est décédé à domicile après progression malgré trois lignes de traitement.
L’étude rappelle que la radiothérapie conserve une place palliative, notamment pour le soulagement des douleurs thoraciques.
Des alternatives thérapeutiques émergent, notamment l’association "nivolumab + ipilimumab", validée aux États-Unis depuis 2020, mais encore non disponible en première intention en France pour les formes non résécables.
Enseignements clés
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L’exposition à l’amiante est retrouvée dans 75 % des cas étudiés.
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Le diagnostic repose sur la thoracoscopie, indispensable face à toute pleurésie inexpliquée.
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La chimiothérapie "cisplatine/pemetrexed" reste le standard, malgré ses limites.
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Les soins palliatifs sont essentiels dès la prise en charge chez les patients fragiles.
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De nouvelles immunothérapies offrent des perspectives encourageantes, à condition d’être intégrées rapidement aux recommandations françaises.
Sources :
Diallo T.H. et al., Diagnostic et prise en charge du mésothéliome pleural malin au centre hospitalier de Bar-le-Duc, Journal Francophone de la Ventilation Pulmonaire, vol. 50(16), 2025, pp. 60-68.
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